Mokichi Okada est un des pionniers, et certainement le plus influent, de l'essor de l'agriculture naturelle (une forme de l'agriculture biologique) au Japon, et par là , en Asie. Il a un peu le même impact que Rudolph Steiner et l'agriculture biodynamique en Europe. Il y a de nombreux groupes qui prétendent avoir Mokichi Okada comme fondateur, et certains sont de nature sectaires. Mais comme nous l'avons expliqué , Mokichi Okada n'a fait que reprendre les activités et concepts d'Omoto Kyo(大本教) . Il y a une organisation qui a été créée par Onisaburo Deguchi pour promouvoir l'agriculture biologique , qui existe toujours et est liée avec Omotokyo .Elle s'appelle Aizen-Mizuho-Kai :  http://www.aizen-mizuho.or.jp/

On peut donc dire que tous les mouvements qui se réclament  du concept de l'agriculture naturelle de Mokichi Okada, ne sont qu'une continuation du travail commencé par Omotokyo, ce qu'ignorent la plupart des adeptes des branches de Sekai Kyusei ou d'autres organisations qui disent suivre les enseignements de Mokichi Okada. De même ces organisations créées par Onisaburo Deguchi semblent inconnues de la plupart des occidentaux. Ceci s'explique par le fait que l'Omotokyo et les groupes affiliés ne font aucun prosélytisme. Cela nous semble dommage , car ces organisations contiennent des concepts pour établir une paix mondiale et une harmonie avec la nature qui est souvent plus élevée que les groupes et organisations plus visibles mais assez sectaires ( mais non dangereux) que l'on voit en occident. Malheureusement, ce sont ces groupes sectaires qui disposent d'énormes moyens financiers, à cause même de leurs bas niveau spirituel.(qui attire plus de gens).  

Voici un texte qui fait une présentation de l'agriculture naturelle au Japon, extrait du site d'Agriton: http://www.agriton.nl/def8.html#1

 

Produire des aliments sains

par Prof. Dr. Teruo HIGA

 
  1. L'ORIGINE DU MOUVEMENT POUR UNE AGRICULTURE ORGANIQUE

     

Contenances

 

Pour assurer la salubrité des aliments, nous devons commencer par le niveau de la production. Ce concept s'est imposé lorsqu'il est devenu évident pour tout le monde que les produits chimiques pour l'agriculture étaient toxiques. L'ouvrage de Rachel Carson, Silent Spring, publié aux Etats-Unis en 1962, a attiré l'attention du public sur le problème de la pollution par les pesticides. La controverse sur l'utilisation des pesticides s'est étendue au monde entier.

 

Dans notre pays, la théorie discutée dans Silent Spring a été vérifiée par Sawako Ariyoshi dans son ouvrage Multiple Contamination (Fukugou Osen), publié sous forme d'épisodes dans Asabi Newspaper en 1966. Cette nouvelle décrivait l'état de divers types de pollution, depuis les pesticides et les engrais chimiques jusqu'à la contamination de l'air, du sol et de l'eau, révélant à quel point le risque de pollution devient plus sérieux lorsque deux types de pollution ou plus se trouvent combinés. Dans les cas où chacun des types de pollution est minime et apparemment sans danger, leur combinaison est toutefois une incitation à des situations incontrôlables.

 

Le mouvement pour une agriculture organique a été déclenché dans notre pays par Multiple Contamination. Les pesticides ont été réexaminés, et les normes de sécurité sont devenues plus strictes.

 

De nombreux symposiums et séances de recherches se sont tenus afin de débattre du sujet "L'agriculture sans pesticides est-elle possible?". Les résultats sont cependant loin de rejeter les pesticides. Pour ceux qui furent habitués à l'agriculture avant l'introduction des pesticides, ces produits chimiques furent considérés comme le sauveur, car non seulement ils accrurent et stabilisèrent la production, mais ils jouèrent également un rôle révolutionnaire dans la libération des fermiers de labeurs inflexibles.

 

Le système de technologie agricole avancé était basé à l'époque sur les engrais chimiques, les pesticides, et de nombreuses machines. Les pesticides et les engrais chimiques étaient des composants inséparables du système, et bien que le nombre de ces types de produits chimiques ait diminué aujourd'hui, le système dans son entier demeure inchangé.

 

Le mouvement pour une agriculture organique a commencé avec ceux qui ont senti que ces conditions recélaient un réel danger. Il recherche des méthodes de culture saines dans le cadre d'une agriculture traditionnelle sans pesticides ni engrais chimiques ni technologie instaurée. Après avoir assuré la salubrité, le mouvement pour une agrIculture organique est en train de chercher de nouvelles façons de faire, centrées sur l'écologie naturelle, au contraire du système basé sur la technologie dans lequel engrais chimiques et pesticides sont capitaux.

 

Depuis Silent Spring de Rachel Carson, le mouvement pour une agriculture organique s'est répandu dans le monde entier. En 1973, une organisation internationale, l'IFOAM, fut créée. Elle organise tous les deux ans une conférence mondiale sur une grande échelle. L'IFOAM est active dans plusieurs domaines, y compris dans les mouvements pour l'instauration de lignes de conduite concernant la salubrité de la nourriture, et les études de cas d'une technologie systémique.

 

Au niveau national, les Etats-Unis, qui souffrent de sérieux problèmes émanant de l'utilisation de pesticides, ont adopté le mouvement pour une agriculture organique comme politique nationale pendant l'administration Carter (1978). Une équipe de projet se concentrant sur l'agriculture organique et mettant en valeur le système écologique naturel a été mise sur pied au sein du Ministère de l'Agriculture. Bien que cette politique ait été provisoirement suspendue en raison du changement intervenu au sein du pouvoir politique, la "Loi sur la protection d'une alimentation saine", autrement dite "Loi sur l'agriculture organique" fut adoptée en 1986, et le mouvement continua de s'étendre à travers les Etats-Unis.

 

Au Japon, le Groupe de Recherche sur l'Agriculture Organique, fondé en 1970, a joué un rôle prépondérant. Sur le plan national, le Bureau des Mesures pour une Agriculture Organique fut instauré en 1990, et développé en 1992 sous sa forme actuelle: le Bureau des Mesures pour une Agriculture Protectrice de l'Environnement. Ce Bureau est unique en ce sens qu'il se détache complètement de l'étroite perspective d'une agriculture organique et prend en considération non seulement la technologie agricole, mais aussi l'intégralité du paysage des villages agricoles et la protection de l'environnement.

 

 

 

2. L'ORIGINE DE L'AGRICULTURE NATURELLE

 

 

 

Contenances

 

Similaire à l'agriculture organique, l'agriculture naturelle possède également plusieurs théories, depuis celles qui insistent sur la non-intervention jusqu'à celles qui se concentrent sur une utilisation entière et active des forces naturelles. Bien qu'il soit communément répandu que l'agriculture naturelle et l'agriculture organique appartiennent à la même catégorie, les méthodes d'agriculture naturelle prônées par le Centre International de Recherche et de Développement de l'Agriculture Naturelle relèvent d'un point de vue différent de celui de l'agriculture organique.

 

L'agriculture naturelle est une méthode d'agriculture qui utilise pleinement les forces de la nature, comme le proposa Mokichi Okada au Japon en 1935, lorsque les engrais chimiques et les pesticides étaient encore rares. Il est vraiment étonnant que Mokichi Okada ait prévu si tôt que peu importait la beauté conférée aux fruits et aux légumes par l'utilisation des engrais chimiques et des pesticides, car leur usage contaminerait tant les produits qu'ils en deviendraient immangeables.

Les bases de l'agriculture naturelle diffèrent donc des diverses méthodes développées plus tard, comme l'agriculture organique et les méthodes non-interventionnistes d'agriculture naturelle. La principale différence se fait dans la façon dont sont considérés les engrais. Selon Mokichi Okada, l'erreur de base en agriculture est que les gens ont oublié comment utiliser le potentiel naturel du sol, et essayent à la place de faire pousser des récoltes à partir des engrais. Ce chemin s'éloigne de l'essence de l'agriculture, et Okada insiste sur le fait que nous devons commencer à corriger cette erreur.

Pour ces raisons, et selon la théorie d'Okada, le concept entier de l'agriculture organique, qui considère les matières organiques comme étant des engrais et en a utilisé d'énormes quantités comme engrais depuis les temps anciens jusqu'à nos jours, est un concept erroné. Okada pense que pour utiliser le véritable potentiel du sol, nous devons le nettoyer jusqu'à ce qu'il possède un pouvoir anti-oxydant.

La théorie d'Okada indique que, bien que les matières organiques génératrices d'odeur, et qui sont traitées comme des engrais, puissent temporairement paraître efficaces, elle polluent en fait le sol et deviennent les principales coupables de la baisse du véritable potentiel naturel du sol. A la place, Okada souligne le rôle des micro-organismes dans le sol, et insiste sur le fait que nous devons avoir comme norme des opérations les lois de la nature.

Lorsque le sol devient fondamentalement propre, il crée un système autorevitalisant. Il utilisera donc effectivement de l'énergie, il se comportera lui-même comme un engrais, et il travaillera habilement à nourrir les récoltes. Au bout du compte la capacité du sol s'accroîtra, les fléaux décroîtront, et la production s'élèvera chaque année à mesure que l'on utilise plus le sol.

Tout dans cette théorie semble contredire les croyances communes. Cependant, lorsque les micro-organismes du sol commencent à créer les anti-oxydants, les circonstances changent, mettant en évidence les conditions qu'Okada illustre dans sa théorie.

A partir de ce contexte, Okada définit l'agriculture naturelle comme étant la base fondamentale de l'existence humaine, et il indique le sens de son activité. Il déclare que l'agriculture naturelle doit accomplir les tâches suivantes:

 

 

  • Augmenter la quantité d’aliments qui maintiennent et promeuvent la santé humaine de façon constructive sans utilisation d’engrais chimiques, de pesticides ou d'autre substance ayant des effets dangereux sur le sol et l'environnement.

     

  • Avoir des mérites financiers et spirituels pour les producteurs comme pour les consommateurs.

     

  • Etre facile d'accès pour tous et s'améliorer dans le temps

     

  • Préserver sérieusement notre environnement.

     

  • Etre capable de fournir une nourriture de haute qualité â une population croissante.

     

Ceci paraît être une liste de voeux impossibles à réaliser, confinée à la seule théorie, mais aujourd'hui, grâce au développement de l'application pratique de micro-organismes, ces buts sont atteignables. A cette fin, le Centre International de Recherche et de Développement de l'Agriculture Naturelle préconise une agriculture naturelle basée sur la théorie de Mokichi Okada, non seulement dans notre pays mais également à l'étranger. Dès 1993, l'agriculture naturelle s'est étendue à 116 pays et les ministères de l'agriculture de ces pays supportent activement l'agriculture naturelle, qui s'est diffusée rapidement. Des conventions internationales concernant l'agriculture naturelle se tiennent aussi de façon régulière, et sont particulièrement soutenues par le Ministère de l'Agriculture américain.