Voici un document ethnologique sur "la nouvelle religion" Mahikari et son expansion en Afrique. Contrairement aux présentations exclusivement négatives faites par les "instances anti sectes", l'auteur explique l'orientation de son travail :

"Les discours du sens commun sur les minorités religieuses qualifiées de « sectes »
n’admettent pas que les adeptes puissent être guidés par leur libre arbitre, et trouver un
épanouissement au sein de ces groupes. Même si nous ne nions pas l’existence de groupes
spirituels pouvant représenter un danger, les adeptes de Sukyo Mahikari que nous avons côtoyés
durant plus d’une dizaine d’années n’ont jamais présenté les stigmates d’individus en perdition.
Mais nous devons préciser que nous avons choisi de nous intéresser, dans ce texte, uniquement
aux initiés actifs dans le groupe et non aux ex-adeptes qui ont pris leur distance et qui, pour les
plus déçus d’entre eux, gardent de leur adhésion une amertume souvent virulente. Le choix est
motivé par le fait que les premiers n’ont jamais la parole, en tout cas trop peu par rapport aux
seconds. L’objectif de ce cahier est donc de donner la parole à ces adeptes visiblement satisfaits,
afin de comprendre pourquoi, à un moment donné, ils ont choisi de s’impliquer dans ce parcours
spirituel et ce qu’ils en retirent – même si, un jour, il est possible que certains choisissent de
l’abandonner et de le critiquer plus ou moins sévèrement."

Cependant , l'auteur n'effectue aucune analyse critique du contexte et du contenu des doctrines, présentées comme provenant du shinto.

Effectivement, cette doctrine est une modification de celle de Mokichi Okada, elle même s'originant dans celle d'Omoto Kyo, qui est une façon de construire une interprétation religieuse (en construisant une théologie et une doctrine) à partir de la culture japonaise ancestrale que nous nommons shinto . La différence est que le shinto ancien ne vise pas au prosélytisme, ni à donner une explication universelle et obligatoire sur la vie,  ni de sauver le monde. Car pour le shinto, il n'y a pas de commandement divin, et chaque être vivant est libre de faire ce qu'il veut. Contrairement à ces organisations, le shinto n'a pas de chef ou de leader, ni fondateur. Même si ces nouvelles religions ont été fondées (au départ, et suite à un contexte historique) pour répondre aux problèmes des humains, elles ont l'inconvénient de rétrécir la compréhension et donnent une interprétation erronée et déformée de la culture japonaise. Les concepts de "purification du monde" sont des déformations énormes du concept de "Misogi" dans le shinto, qui signifie en fait revenir à l'état originel, c'est à dire comprendre et respecter l'élément spirituel contenu dans les éléments de la nature. L'homme est partie de la nature, et non un destructeur de la vie/nature, il participe à la vie de l'univers, qui lui même est créé à chaque instant (Musubi).

Le dieu "su" est une déformation du concept de Musubi, la force vitale de l'univers. L'attribution des maux et des maladies aux esprits ancestraux perturbateurs est une déformation des pratiques chamaniques, qui attibuent les problèmes dans certains cas, à un message d'un esprit ancestral qui a une revendication ou un message à transmettre à ses descendants. Mais cela reste des cas particuliers et assez rares, et pas un systeme mécanique et permanent. Le concept de transmettre la lumière, fait penser au concept religieux, ou un dieu possède la lumiere et des "initiés" en sont les messagers, alors que dans le shinto, la luminosité est une proprieté naturelle de l'âme (tama) de tout être vivant, et pas une récompense d'un être superieur, mais constitue la nature spirituelle de l'univers. La déformation des concepts permet alors de créer une hiérarchie et un système de pouvoir, ce qui va à l'encontre de la liberté spirituelle de l'humanité.(si on voit cela du point de vue du shinto ancien). L'existence de l'âme (Tama, Rei) et son état originel lumineux , qui sont à la base du shinto, sont conservés dans ces organisations et semblent le point attractif, comme le souligne le témoignage d'une personne africaine dans le document. Mais la démarche de retrouver ses racines spirituelles existe également dans les spiritualités natives africaines.

La notion d'équilibre expliquée comme provenant des chinois, (citée dans le passage sur l'explication de la sorcellerie en contexte africain) est en fait l'explication ordinaire du karma citée en général dans le bouddhisme, (bien que dans le bouddhisme originel ce concept n'est pas aussi mécanique), et présente l'inconvénient de culpabiliser les victimes de sorcellerie et les malades (tu es la cause de tes malheurs, cause que tu a construite dans tes vies antérieures). Ce qui évite de chercher une explication plus profonde et réelle de la nature du monde.(imaginer que l'on croit connaitre la cause des choses par une doctrine, peut empêcher de chercher la cause réelle, raison pour laquelle le shinto ancien refuse d'expliquer le monde  par une doctrine)

 http://www.religioscope.org/cahiers/10.pdf