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Le corps énergétique du Tantra 

Les conceptions du shinto sont très proches de celles du tantrisme, si l’on prend le terme comme désignant le courant spirituel particulier originaire de l’Inde dans son sens fondamental, et non selon les multiples circonvolutions « moderno-occidentalo-matérialistes ».(suite au mouvement Hippie américain, le terme est devenu quasiment synomyme de "yoga sexuel" en occident, alors que le mot est à l'origine un  terme de tissage et désigne des enseignements contenus dans des textes nommés tantra). Les mouvances (new age et matérialistes) occidentales ayant modifié le sens originel et l'ont mélangé avec des interprétations/projections de la  psychologie matérialiste occidentale. 

Il faudrait (au moins) un livre pour l’expliquer, mais pourquoi ne pas commencer par un simple article.

Pour le shinto, l’univers est à la base un kami (une existence spirituelle) qui constitue la source et le centre de tout ce qui existe. De ce kami, dont le nom est Ame no Minaka Nushi, deux autres kamis apparaissent, kami Musubi et Takami Musubi, qui sont les deux pôles mâles et femelles dans leur essence.

S’en suivent un ensemble de mutations jusqu’à l’apparition du couple/ archétype divin Isanagi et Isanami.

Ces deux entités sont sous forme animistes l’équivalent des pôles Yang (Isanami), et Yin (Isanami). Ils sont issus du tout, l’être central Ameno Minaka Nushi no Kami, dont ils peuvent être considérés comme les émanations où la division polarisée.

Selon Deguchi Onisaburo, Shamane du shinto, Dieu (Ame no minaka nushi) est comme un cercle dont le centre est partout et la circonférence nulle part. 

 

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ISANAMI et ISANAGI le couple de divinités originelles. La lance d'Isanagi représente le pouvoir fécondant de l'univers en train de créer l'archipel japonais (symbole du monde matérialisé).

 

Une fois la polarité mâle femelle stabilisée sous la forme d’Isanagi/ Isanami, le monde peut se former.(shiva shakti dans le tantra originel représentent la polarité originelle).

On retrouve l’archétype de toutes les mythologies, le sacrifice/division de l’esprit originel primordial qui est à l’origine de la formation du monde.

Le tantrisme provient des traditions aborigènes de l’Inde pré védiques, qui étaient comme le shinto ancien, basées sur le culte de la fertilité qui considère la polarité sexuelle comme la base et le symbole de la force créatrice de l’univers.

A partir de là, le tantra considère que l’univers a pour origine un être divin qui se transforme en la multiplicité des êtres vivants, qui sont des aspects de lui-même, et portent donc son essence divine en eux même.

Le tantra a donc une vision non dualiste dans le sens ou il considère que tout ce qui existe est une forme dégradée de l’être et l’énergie divine. Contrairement à ce qu’on lit souvent, il n’est pas issu du véda, car la tradition védique est venue par l’invasion des aryas, un peuple issu de l’ancienne Perse, ce qui explique les nombreux points communs entre la tradition perse et hindoue.

Le shinto lui-même a la même origine que le proto-tantra dravidien, qui se situe dans les cultes de la fertilité préhistoriques.

Pour le shinto la force originelle et sa division cosmologique créent à chaque instant l’univers, le temps n’est donc pas linéaire, mais l’instant de l’âme (l’essence de l’être) est situé en dehors du temps, et les couches de l’être sont mises en contact progressif avec la temporalité (si on veux exprimer le shinto en terme philosophiques).

Donc l’être humain lui-même est à sa surface un être temporel, et plus on va dans les parties subtiles il se situe dans un temps  différent puis dans l’intemporel, qui correspond dans l’univers à l’essence qu’est Ameno Minaka Nushi No kami.

Le Trantrisme issu des cultes aborigènes suit le même chemin initiatique, formant la conception du travail des corps d’énergie (enveloppes de l’âme ou kosha).

Les 5 enveloppes du jiva (âme individuelle) du tantra est identique à la conception du shinto des différents Mitama, contenue dans le principe shinto d’un esprit 4 âmes.

Les conceptions indoues des corps énergétiques ou parties de l’âme individuelle sont à la base de tous les systèmes d’occultisme occidentaux, qui leur ont donnés des noms occidentaux. (Rose croix, hermétisme, etc.…).

Un aspect intéressant à souligner, est la conception de la place du mal ou négatif dans l’univers qui découle des visions du monde des sociétés.

Car ce sont ces conceptions du monde qui orientent l’attitude des civilisations et conditionnent leurs capacités d’adaptation à la vie, donc leur survie ou leur déclin.

Pour le shinto, l’énergie créatrice est une force de vie en activité permanente, et ce principe est actif dans toute forme de vie. L’apparition du mal se fait lorsqu’il y a une déviation de la synchronisation d’avec le musubi, la force vitale créatrice. Il faut donc réaligner ce qui ne va pas avec sa nature essentielle, le réaligner avec le principe originel de l’univers. C’est le sens de musubi, purification qui a le sens de retour à l’origine. C’est pourquoi l’on nomme le shinto la voie du kami, ce qui signifie suivre le principe fondamental, Kami ayant le même sens que spirituel, dieu, esprit, non duel.

Donc l’attitude du shinto sera de ne pas rejeter le mal, mais d’essayer de le réajuster avec son essence et ainsi de le purifier et le faire disparaître, pas en le détruisant mais en lui redonnant son sens originel. Le philosophe yogi Sri Aurobindo disait que le mal est un ancien bien qui refuse d’évoluer.

Comme la force créatrice musubi crée constamment, rien n’est figé. Pour trouver quelque chose de stable, il faut revenir à l’intemporel, qui est déjà contenu dans une autre dimension et qui n’annule pas la manifestation.

L’homme n’est pas fait pour vivre seulement au niveau matériel, mais pour vivre dans son corps et ses différentes âmes en même temps.

Lorsque l’on dit que le tantra est fait pour l’homme déchu, il s’agit non point de temps linéaire, mais de l’homme qui a perdu son centre divin, le jiva éternel, qui est le mitama du shinto. Le shinto se situe avant la chute de l’homme qui perd contact avec son centre, alors que le tantra parle de comment y revenir. Pour le tantra le combat magique avec le mal sert à maîtriser les énergies déformées devenues des démons, pour faire réintégrer l’univers dans son statut originel, mais en partant par le bas, c'est-à-dire l’état dégradé des énergies.

C’est la raison pour laquelle le tantra est utile dans le monde qui a perdu le chemin de la nature et du kami, et qui doit affronter les force négatives qui n’ont pas été purifiées et se sont agglutinées jusqu’à former des égrégores qui menacent de détruire le monde, du moins celui habitable pour la survie des humains et des autres êtres incarnés.

Le shinto donne quant à lui les clés pour revenir à une façon de vivre en harmonie avec l’univers une fois le réintégration rétablie.