TRADITIONS DU JAPON
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Institut privé Franco-Japonais
Culture japonaise. Philosophie. Initiation. Spiritualité. Arts traditionnels
Buts de l'Institut:
- Faire connaître les traditions et la culture japonaise.
- Développer la communication interculturelle
- Préservation des anciennnes traditions spirituelles dans une optique non sectaire, antiraciste et humaniste.
L'Institut est totalement indépendant.
Il n'est lié ni à des instances gouvernementales, ni à aucun mouvement sectaire, religieux ou politique.
Il est orienté vers le développement de la réflexion individuelle, de la liberté de penser, de la préservation de la nature et de la spiritualité naturelle.
Kamon de la Famille Yasue , descendante du Samurai Yasue de la province de GIFU.
さくらさくら (Sakura Sakura - chanson traditionnelle japonaise -) :
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Source d'eau pure pour la cérémonie du Thé - Haut lieu du KI- Guérison spirituelle (Central Japon)
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Le monde du Shinto
Le monde du Shinto est la foi japonaise traditionnelle basée sur le shamanisme et l'animisme. Bien que les termes shamanisme et animisme soient des concepts occidentaux, le texte ci dessous considère ces sujets d'un point de vue japonais.
Nous nous appuyons plutôt sur les travaux du professeur Nakamura, que sur les travaux d'ethnologues , qu'ils soient occidentaux ou japonais, qui ne fondent leurs analyses que sur des textes ou des explorations sur le terrain, mais qui eux mêmes ne sont pas membres des confréries shamaniques du Japon, ni prêtres shinto, et n'ont pas expérimenté les pratiques traditionnelles dont ils peuvent parler.
L'avantage du travail du professeur Nakamura, est qu'il est non seulement un universitaire, professeur de psychologie sociale, mais qu'il a étudié également la parapsychologie, la psychologie transpersonnelle, il a suivi la formation de prêtre Shinto, et l'entrainement d'Ogamiya, terme désignant un shaman traditionnel dans la terminologie du sud du Japon. Les travaux du professeur Nakamura rejoignent nos propres recherches dans les domaines du Shinto et du Shamanisme japonais, ainsi que sur la philosophie japonaise.
Nous n'abordons pas içi les sujets du shinto des sectes , des organisations religieuses particuliaires, ni des associations ou doctrines politiques. Notre propos n'est pas de discuter sur le Shamanisme ou le Shinto, mais d'essayer d'exprimer la spiritualité du Japon dans son esprit.
"Les sens des anciens étaient plus forts que ceux de l'homme moderne, et il semble qu'ils avaient plus de perceptions extrasensorielles (clairvoyance,télépathie,précognition). Leur point de vue sur la nature ou l'univers était entièrement différent de ceux de l'homme moderne. Les anciens avaient le sentiment que Dieu se cache dans la création toute entière et ils sentaient sa présence.Ils vivaient constamment avec Dieu." (Pr. Nakamura)
Ces paroles d'un prêtre Shinto Ogamiya, nous mènent déjà loin des conceptions et des clichés habituels que l'on lit partout sur le Shinto, présenté en général comme la" religion polytheiste indigène" du Japon !
Il continue en ces termes: "Ils marchaient ensemble solidaires et avec ce Dieu qu'ils nommaient aussi "Nature".
Ils étaient dans l'émerveillement de la nature, la vie naturelle.Vivre naturellement. Ceci est notre style de vie ancestral. Avoir vécu une vie difficile mais en jouant avec Dieu, ils ont expérimenté un changement dans leur coeur. En vivant une telle vie, bien sur, on arrive à obtenir un sentiment religieux."
Les anciens considéraient les manifestation de la nature comme l'activité de Dieu.
Ils vénéraient la pousse des plantes , et en particulier, des plantes qu'ils consommaient, comme divine.
Ils vénéraient l'esprit dans la nature. Egalement l'esprit des ancêtres, qui participait à faire pousser les plantes. Puis ils vénéraient aussi l'esprit de la communauté, qui devint le dieu de la communauté. La puissance de l'incantation qui protège la communauté.
Les caractéristiques de l'ancienne foi peuvent être découvertes en étudiant les coutumes , les légendes d'Okinawa et des îles Amami à l'époque jomon. Par association, par inférence analogique des choses que l'on peut vivre et observer dans la vie quotidienne, l'ancien japonais a tenté de comprendre l'être humain, le dieu et la nature. C'est à dire , qu' ils ont relié la culture , la pousse et la mort des plantes (les céreales), la vie et la mort des personnes, les mouvements du soleil, à la foi , la mythologie, les festivités. Les gens de la mer, du sud qui vénéraient le soleil, rencontraient les habitants des montagnes. Ils pensèrent que le soleil se levant à l'est, naissait de la caverne du soleil. Ceci devint une des sources du Shinto.
Les anciens japonais identifièrent le mouvement du soleil à la vie d'un être humain. Le soleil nait, se déplace et meurt, puis se reincarne. En même temps ils pensaient que Dieu est ce qui se cache derrière les apparences. Mais ils ne pensaient pas que Dieu est une abstraction, et ils le cherchaient dans les choses de la vie quotidienne. Le prototype du dieu est le serpent, qui était considéré comme un dieu ancêtre ainsi qu'un dieu de l'agriculture. Au Japon , le serpent est considéré comme un messager de Dieu. Le mont Miwa est une montagne sacrée, dont le dieu est un serpent. La montagne est considerée aussi comme un dieu.
On peut dire que la spiritualité est la conscience de l'âme, ce qui est une experience universelle dans l'humanité, et admise par tous les peuples. Les differences de formulations diffère selon les localisations, les conditions sociales, culturelles...La spiritualité des japonais
est due a l'experience du peuple japonais.
C'est l'experience de ressentir "le fait d'être vivant" qui constitue la spiritualité, c'est ce qui a été perdu actuellement :
"Rappellez vous lorque l'être humain était "une partie de la nature". La pluie, le vent, le tonnerre, la lumière du jour, la mer, les montagnes, les bois... L'alimentation et les biens étaient rares, et nos ancêtres vivaient chaque jour dans le risque, mais aussi dans l'émerveillement de la nature. La bénédiction qu'étaient la récolte du riz, de la chasse, de la collecte,de la pêche, la fertilité du sol étaient la bénédiction des esprits du panthéon. En mangant bien, nos ancêtres offraient des prières de gratitude au Dieu de la montagne et de la mer."
"La nature était Dieu = l'esprit= Kami lui même. Les gens étaient nés dans la nature, avaient grandi en elle, avaient vieilli, souffert,et étaient morts. La vie avec la nature = Kami en tout temps. Vivre avec la réalisation du Kami à ses cotés. Le Kami habitait dans la nourriture, et dans les biens que produisaient les êtres humains. Il n'y a pas d'opposition telle que la matière et l'esprit, la nature et l'être humain içi.Il doit y avoir eu le sens que tout est connecté avec le Kami. Ce simple sentiment naturel est l'émergence de la spiritualité."
"Si vous êtes la personne influencée par la culture occidentale, vous aurez un sentiment étrange ou serez curieux de l'idée que la nature est" Dieu". les anciens japonais n'avaient pas l'idée d'un Dieu personnifié, mais plutot que Dieu est partout autour de nous dans la nature.Ils croyaient à l'excellente vertu ( terrible puissance) derrière les oiseaux, les animaux, l'herbe, les arbres, la mer, la montagne, etc... Le culte de la nature au Japon a été l'animisme qui adore l'esprit divin qui habite dans les objets naturels.
Ainsi Dieu en japonais désigne les travaux de l'esprit,de l'âme, et le pouvoir surnaturel.
La spiritualité n'est pas l'experience de la transcendance que l'on ne peut atteindre qu'avec un entrainement intensif.
Inutile de dire, qu'il y a de grandes difficultés pour la personne qui vit dans certains contexte religieux.Néanmoins, l'éveil spirituel n'est pas necessairement atteint en suivant une voie difficile, de pénitence. Même si vous pratiquez la méditation, des exercices spirituels, l'éveil spirituel ne sera pas forcement atteint.
Une méthode pour atteindre l'éveil spirituel est de faire ce qui est naturel de façon naturelle.Vivez franchement naturellement.
Si l'on peut s'établir dans une ignorance et une insouciance telle qu'un enfant les connais naturellement, n'importe qui peut réaliser la spiritualité. Chacun a obtenu l'illumination après être né. Ayant perdu l'instant de l'illumination quelque part pendant l'enfance , ne croyons nous pas trop sérieusement que la vie est une chose pénible, triste, difficile ? "
Pr. Nakamura
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Fushimi Inari Taisha
Fushimi Inari Taisha est un sanctuaire du culte du Kami Uka no Mitama, appelée aussi Uka no Mitama no Mikoto. Il s'agit de la Déesse de l'esprit du riz, que l'on désigne aussi comme le Kami de la nourriture. On l'appelle aussi Toyouke Hime, et c' est le même Kami qui est vénéré au sanctuaire d'Ise (le Geku) . Elle porte le nom plus populaire d'Inari.
D'autre Kamis sont également vénérés dans le sanctuaire, Satahiko No Kami (Sarutakiko), Omiyanome,(Ame no Uzume) Tanaka Okami et Shi No Kami. (1)
Il s'agit d'une des plus anciennes formes de Shinto, reliée à l'agriculture. La Divinité du sanctuaire , Inari Daimyojin, était aussi l'objet du culte agricole ancien en tant que Yama no Kami et Ta no Kami. C'est la raison pour laquelle on retrouve les animaux messagers de la divinité, le renard blanc et le cheval, car le Dieu de la montagne descendait pour la saison de la plantation du riz sur son cheval, escorté par le renard.
Le sanctuaire fut établit en 711 par la famille Hata sur le Mont Inari. Le sanctuaire fut déplacé au bas de la montagne au 9ème siècle sur la demande du moine Kukai pour protéger le Temple bouddhiste Toji.
Le sanctuaire est connu pour les 10000 Toris , qui sont des offrandes faites par des dévots privés, dont un grand nombre de sociétés et compagnies japonaises.
Le sanctuaire Fushimi Inari est un des plus prestigieux sanctuaires Shinto du Japon. Il est indépendant et n'est pas membre de l'organisation Jinja Honcho.(2)
Il a cependant un passé prestigieux . En 965, l'Empereur Murakami ordonna que des messagers impériaux soient envoyés au sanctuaire pour faire un rapport au Kami de tous les évènements importants (ainsi qu'à 16 autres sanctuaires du Japon) . En 1871, le sanctuaire reçu le rang Impérial de Kanpei-Taisha, le rang le plus élevé des sanctuaires reconnus par le gouvernement. Ceci étant du à la croyance dans le grand pouvoir mystique de la Divinité du sanctuaire, qui était craint de l'Empereur.
Les prêtres de Fushimi Inari sont les descendants de la famille Hata et Kada. Le premier grand prêtre et fondateur du sanctuaire était Hata No Iroka.
Si on prie les cinq Kamis ensemble, on les unifient en un seul que l'on appelle alors Inari Go Sha Daimyojin.
Prière (Norito) lors d'un rituel Shinto du Feu. On brûle les Omamoris chaque année au mois de Novembre.
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Complexité ésotérique du Kami Inari
La complexité ésotérique de la Divinité Inari dans le Shinto explique sa place aussi bien dans le culte populaire du Shinto que son rôle dans le bouddhisme ésotérique et son rapport avec les rites d'intronisation des empereurs japonais.
D'après certains historiens, cette divinité pourrait être une divinité vénérée depuis une époque plus ancienne qu'Amaterasu au sanctuaire d'Ise , raison pour laquelle la lignée impériale aurait choisi ce lieu de culte pour Amaterasu, car le peuple aurait déjà eu l'habitude de s'y rendre pour vénérer l'antique Divinité Toyo-Uke No Kami, identifiée dans le Kojiki comme la mère d'Amaterasu.
Le Kojiki ayant en partie été rédigé pour justifier l'origine de la lignée Impériale comme descendant d' Amaterasu, la mention de Toyo Uke No Kami comme mère d'Amaterasu pourrait être une reconnaissance de son antériorité comme Kami vénéré par les anciens japonais comme Divinité suprême. Ceci est renforcé par le fait que dans certains sanctuaires, Toyo Uke est considérée soit comme l'émanation , soit comme étant la totalité d'Ameno Minaka Nushi, le Kami primordial. (l'équivalent de Dieu en termes occidentaux ou du Brahman de l'Hindouisme.)
Inari n'est pas vénérée seulement dans les sanctuaires Shinto, mais également dans les temples bouddhistes, et dans des autels personnels familiaux. On trouve fréquemment des petits sanctuaires à Inari , non seulement à la campagne mais aussi sur les toits de compagnies dans des immeubles en pleine ville.
Le moine Kukai, fondateur du bouddhisme Shingon, a joué un rôle important pour la propagation du culte d'Inari, qui était son Dieu protecteur. Il a notamment élaboré une théologie unifiant les conceptions Shintoistes et la symbolique de l'école Shingon, dans laquelle Inari apparaît sous l'aspect de la Divinité Dakiniten. (A noter qu' a cause du système de symboles du Shingon, Dakiniten apparaît comme déesse mais peut avoir l'aspect masculin, ou plutôt double, un mâle et une femelle).
Dakiniten
Dakiniten ( 荼吉尼天) est une divinité qui n'existe qu'au Japon.
Elle constitue un syncrétisme entre une déité de l'agriculture d'origine hindoue, qui est la même que la deité Aizen Myoo ( étant à l'origine divinité de la fertilité elle est transposée dans le tantrisme bouddhiste comme deité reliée a la sexualité, aux désirs et à la transformation des désirs) et la divinité Shinto de l'agriculture, déesse de la nourriture et de la fertilité Uke No Mitama et vénérée sous le nom d'Inari Daimyojin.
Dans son aspect Hindou, elle a traversé différentes phases et aspects au cours du temps.
Divinité de l'agriculture au IV ème siècle avant J.S., elle a traversé une période d'identification à un aspect de déesse qui accompagne la déesse Kali, puis prend un aspect sinistre de fée/vampire sous l'influence du Bouddhisme tantrique.
Finalement elle devient Dakiniten au Japon et joue le rôle de deité centrale dans le rituel d'intronisation des empereurs comme émanation de Dainichi Nyorai selon le rite du Toji, puis de celui de l'école Tendai .
Kukai a créé un interressant rituel en unissant la dharani de Dakiniten/Inari avec un mouvement utilisé par les Mikos lors du rituel d'offrande de la nourriture à Amaterasu a l'Ise Jingu, qui ressemble tout à fait au système de prières créé par Miki Nakayama pour le Tenrikyo. Le système de prières et mouvements créés par Miki Nakayama étant basé également sur les rite Shintoistes et le Kagura.
(Miki Nakayama était elle même initiée dans un temple d'obédience Shugendo, duquel elle a repris le nom de la divinité du Tenrikyo, Tenrio qui devient Tenri O no Mikoto dans Tenrikyo).
Dans le système symbolique de Kukai, on retrouve l'ésotérisme d'Inari du Shinto et ses liens avec Amaterasu , car elle est considérée comme essence d'Amaterasu , Dakiniten est l'émanation de Dainichi Nyorai, lui même fusion de Mahavairochana et d'Amaterasu Omikami (Dainichi signifie grand soleil) .
D'ou le rôle de Dakiniten /Inari dans le rituel d'intronisation de l'empereur.
(1) Il est fréquent que dans les sanctuaires Shinto consacrés à un Kami, on lui trouve associé d'autres Kamis, en général deux autres pour former une triade, mais parfois plus. Les Kamis associés sont souvent ceux qui sont considérés comme ses parents dans la mythologie, ou qui sont considérés comme ayant un lien particulier avec lui. Par exemple dans les sanctuaires d' Hachiman, on trouve Ojin Tenno (Hachiman) souvent associé avec Jingu Kôgô (sa mère, l'impératrice chamane) et Chuai Tenno, son père. Parfois on y trouve aussi Hime Gami, qui est une déesse qui avait pu être vénérée comme Hachiman dans une époque plus ancienne.En fait , Hime Gami peut être aussi considérée comme ayant été une prêtresse chamane ancêtre de la lignée de Jingu Kôgo. Elle est considérée dans certains sanctuaires comme étant la soeur ainée d'Ojin Tenno sous le nom de Tagori Hime. Ces incertitudes sur l'identité exacte de certains Kamis provient de la grande antiquité des sanctuaires, dont l'origine se perd dans la nuit des temps.
Sarutahiko étant aussi le Dieu du saké et sa compagne Ame no Uzume déesse entre autre de la danse, sont reliés à la joie de vivre, comme Inari qui est lié à la fertilité et à la croissance (des plantes mais aussi des biens).
Tanaka No Kami est un dieu des rizières (qui rappelle le Ta no Kami et peut être un autre nom d'Inari) .
(2) L'association Jinja Honcho à été fondée après la deuxième guerre mondiale, après la séparation du Shinto et de la politique (annulation du Shinto d'état) . Il constitue en fait une forme de continuation du Shinto d'état en mêlant des conceptions politiques au Shinto en lien avec l'empereur. On l'appelle aussi le Shinto d'Ise, du fait que son centre est le sanctuaire d'Ise (Ise Jingu). La majorité des sanctuaires a adhéré au Jinja Honcho. Il a uniformisé les rites des sanctuaires qu'il contrôle, alors qu' à l'origine chaque sanctuaire détenait ses propre traditions.Néanmoins, le Shinto d'Ise conserve de très anciennes traditions Shintoistes.
Institut des Traditions du Japon
Dakiniten/Inari
La complexité ésotérique d'Inari.
Fushimi Inari Taisha est avant tout un lieu de prière. Un endroit mystérieux de renaissance de l'âme. Le shinto est concerné par le contact naturel de l'âme et des âmes, ce qui est différent de l'ascétisme et la mortification d'autres systèmes.
Nakai Shigeno , Shamanesse (Dai D'Inari) dont la vie a donné lieu à une biographie de l'ethnologue Anne Bouchy (Les Oracles de Shirataka) , était membre (Koin) du Grand Sanctuaire Fushimi Inari Taisha, bien qu'elle vivait à Osaka dans l'enceinte du sanctuaire Yasui Tenjin (des photos de ce santuaire se trouvent dans notre blog). L'organisation qui s'est constituée autour d'elle (Tamahime Kyokai), existe toujours et est reliée à Fushimi Inari Taisha.
Le président de l'Institut des Traditions du Japon est également un membre du Fushimi Inari Taisha.
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Introduction au Shinto
Tenter d'expliquer n'est pas définir, il serait contraire à l'esprit du Shinto de le définir, car la définition enferme et fige. Ce qui est contraire à la vie. Comme jadis les druides , les prêtres Shinto préservent une tradition vivante , mais plutôt non verbale qu'orale. La transmission ne se fait ni par une doctrine, ni par un dogme , mais en vivant et expérimentant par soi même. Il n'y a pas non plus d'uniformisation, et chacun est libre d'individualiser la foi comme il le veut.
Les prêtres Shinto maintiennent la tradition sans l'imposer, avec une grande dignité. Ce qui parfois crée des incompréhensions de la part de certains observateurs non participants.
Le Shinto est une religion qui n'avait pas de nom. C'est lorsque le bouddhisme fut introduit au Japon qu'il devint nécessaire de donner un nom aux pratiques et sentiments religieux qui existaient auparavant dans le pays.
Pour le distinguer du bouddhisme, on utilisa deux idéogrammes chinois.La langue japonaise était à l'origine orale et ne possédait pas d'écriture. On utilise donc des idéogrammes chinois pour l'écrire, ce qui induit deux prononciations possibles pour un seul nom:"à la chinoise" ou "à la japonaise".Il s'en suit que l'on peut prononcer soit"shinto", soit "kami no michi", à la japonaise.
Comme "kami" ne désigne pas un pluriel, on ne peut pas traduire : "la voie (Michi) des Kamis". Ni : "la voie du Kami". Le terme "Kami" ne fait pas de différence entre pluriel et singulier.
Si l'on dit " la voie des Kamis", cela induit une conception polythéiste qui n'existe pas dans le Shinto. Le Shinto n'est ni monothéiste, ni polythéiste.
Par contre tout shintoiste peut l'interpréter comme il veut. On peut l'interpréter comme polythéisme ou comme monothéisme, mais c'est seulement une interprétation individuelle.
L'interprétation la plus proche de la réalité serait peut être de dire que le Shinto considère qu'il n'y a qu'une divinité d'essence qui peut se manifester par un nombre infini d'êtres spirituels.
Les êtres spirituels les plus "élevés" étant la personnalisation de cette divinité d'essence.
La mythologie Shinto ne fait qu'exprimer la parenté spirituelle de tous les êtres qui descendent de la première essence spirituelle représentée par le premier Kami.
Du premier Kami apparaissent les deux Kamis Musubi, qui représentent l'archétype de la polarité, et du pouvoir créateur. Puis , après les stades préliminaires, les êtres sont engendrés par le couple primordial Izanagi et Izanami. Il s'en suit que toute personne et toutes choses sont des enfants des Kamis, ont une nature de Kami, et sont en puissance des Kamis.
Citons Jean Herbert dans son ouvrage "aux sources du Japon, le Shinto":
"Il n'est pas exagéré de dire que cette croyance (la conception de la parenté de tout ce qui est dont nous venons de parler) a joué un rôle prépondérant dans la formation de l'esprit japonais, non seulement dans en ce qui concerne les conceptions et les activités religieuses , mais aussi dans tout ce qui a trait à l'organisation sociale, au comportement individuel, à la morale et à l'attitude mentale envers la vie. C'est d'elle que proviennent le respect éprouvé pour tout ce qui est , la conscience d'une continuité ininterrompue dans le temps et l'espace, un sens élevé du devoir, un sentiment de sécurité et aussi l'intrépidité qui en est la conséquence."
Ce qui caractérise le Shinto, c'est donc comme le dit aussi Jean Herbert, la conviction profonde que les Dieux, les hommes et toute la nature sont en fait nés des mêmes ancêtres et sont par conséquent parents. Et que l'homme est indissolublement lié au Kami, par des liens à la fois biologiques et spirituels.
"En lui coule le même sang divin qui coule aussi dans les animaux, les plantes, les minéraux et toutes les autres choses dans la nature...Homme, terre, montagne, rivière, vallée, brume, arbre, herbe sont tous hara-kara, frères nés du sein de la même Mère Divine".( Chikao Fujisawa, cité par J.Herbert).
Le Shinto possède une théologie et des textes que l'on peut considérer comme sacrés,
dans le sens ou ils sont respectés et anciens, sans être des vérités révélées ni des dogmes, seulement des compilations faites à la même époque ou il fut nécessaire de trouver un nom pour désigner cette spiritualité ancienne.
Le Shinto n'a ni dogme ni credo. Les prêtres Shinto maintiennent une attitude non dogmatique et "énergiquement non intellectuelle". "Le Shinto fait plutôt appel à un sens inné du devoir et de la responsabilité , ainsi qu'à des sentiments d'amour respectueux spontané envers le monde entier"(Kanichi Hirata, ancien prêtre-guji de l'Ô-mi Jingu, cit. J. Herbert).
" En Shinto, on peut être un adorateur sans rien comprendre intellectuellement, et l'adorateur est beaucoup plus impressionné par les arbres qui entourent le temple, ou par son petit lac, que par n'importe quelle théorie"( grand prêtre Tomoaki Yoshida, cit. idem).
Nous terminons par cette citation du livre de J. Herbert, qui est le seul à avoir tenté une étude sérieuse sur le Shinto en francais :
"La liberté pratiquement totale de pensée qu'encourage le Shinto, jointe à la variété sans limites dans le rituel, est certainement l'une des raisons principales pour lesquelles le Shinto a pu se maintenir en parfaite santé malgré toutes les attaques et les concurrences dont il a été la cible au cours de de son existence multimillénaire. Nous verrons dans un chapitre suivant comment il a réagi à un prosélytisme bouddhique agressif. Il adopte une attitude (on ne peut guère dire une politique, car elle vient trop naturellement) très semblable en face du matérialisme occidental virulent, qui fait passer les considérations économiques avant les valeurs morales et spirituelles. Le Shinto a pu, dans une surprenante mesure, combiner adaptabilité et tolérance (et par conséquent amour et paix) avec une fidélité sans défaillance à tout ce qui lui est essentiel.
Shôjin, le principe de la progression incessante, est en fait un élément capital dans l'esprit même du Shinto".
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OOHARAE NO KOTOBA 大祓詞 Nakatomi No Harae
Nakatomi No Kotoba
L'OOHARAE NO KOTOBA, paroles de grande purification, est la prière Shinto la plus importante du Shinto traditionnel.
Elle est issue de la famille Nakatomi, un clan d'ancien prêtres Shinto, qui descendent selon la légende , du Kami de la parole. Cette ancienne famille pris plus tard le nom de Fujiwara.
La prière était conservée par les prêtres, puis fut transmise au peuple à l'époque Edo (1600-1867) par un prêtre Shinto d'Ise.
Cette formule se trouve dans le texte ENGISHIKI. Son pouvoir réside dans la notion Shinto de l'esprit du language (KOTODAMA). L'esprit du language est différent de la notion de l'esprit du son (otodama).
L' esprit du language est dans les mots qui possèdent le pouvoir mystique, imprégnés par la grâce de l'esprit du Kami, qui est : autorité, gloire et vertu.
Le texte de la video n'est pas exactement le même que le texte, mais donne un bon aperçu de la prononciation. Une autre version est donnée dans la rubrique Kotodama/Mantras japonais.
OOHARAE NO KOTOBA 大祓詞
TAKAMANOHARA NI KAMIZUMARIMASU SUMERAGAMUTSUKAMUROGI KAMUROMI NO MIKOTO MOCHITE YAOYOROZUNO KAMI TACHI WO KAMI TSUDOHENI TSUDOI TAMAHI KAMUHAKARINI HAKARITAMAHITE WAGA SUMEMIMANO MIKOTO WA TOYOASHIHARA NO MIZUHONO KUNI WO YASUKUNI TO TAIRAKEKU SHIROSHI MESETO KOTOYOSASHI MATSURIKI KAKU YOSASHI MATSURISHI KUNUCHI NI ARABURU KAMI TACHI WOBA KAMU TOHASHINI TOHASHITAMAHI KAMUHARAHINI HARAHITAMAHITE KOTOTOHISHI IWANE KINETACHI KUSANO KAKIHA WOMO KOTOYAMETE AMENO IWAKURA HANACHI AMENO YAEGUMO WO IZU NO CHIWAKINI CHIWAKITE AMAKUDASHI YOSASHI MATSURIKI KAKUYOTATE TAKAMANOHARA NICHIGITAKASHIRITE SUMEMIMANOMIKOTO NO MIZU NO MIARAKATSUKAHE MATSURITE AMENO MIKAGE HINOMIKAGE TO KAKURIMASHITE YASUKUNI TO TAIRAKUSHIROSHI MESAMU KUNUCHI NI NARI IDEMU AMENO MASUHITORA GA AYAMACHI OKASHIKEMU KUSAGUSA NO TSUMIGOTOHA AMATSU TSUMI KUNITSU TSUMI KOKODAKUNO TSUMI IDEMU KAKU IDEBA AMATSU MIYAGOTO MOCHITE AMATSU KANAGIWO MOTOUCHIKIRI SUE UCHITACHITE CHIKURA NO OKIKURA NI OKITARAHASHITE AMATSU SUGASOWO MOTOKARITACHI SUEKARIKIRITE YAHARINI TORISAKITE AMATSU NORITO NO FUTONORITOGOTO WO NORE KAKUNORABA AMATSU KAMIWA AMENO IWATO WO OSHIHIRAKITE AMENO YAEGUMO WO IZUNO CHIWAKINI CHIWAKITE KOKISHIMESAMU KUNITSU KAMI WA TAKAYAMA NOSUE HIKIYAMANO SUE NI NOBORIMASHITE TAKAYAMA NO IBORI HIKIYAMA NO IBORIWO KAKIWAKETE KIKOSHIMESAMU KAKU KIKOSHI MESHITEBA TSUMI TO IFU TSUMI WA ARAJI TO SHINADO NO KAZE NO AMENO YAEGUMO WO FUKI HANATSU KOTONO GOTOKU ASHITA NO MIGIRIYUWUBE NO MIGIRI WO ASAKAZE YUWU KAZE NO FUKIHARAU KOTONO GOTOKU OOTSUBE NI ORU OOFUNE WO HETOKIHANACHI TOMOTOKIHANACHITE OOUNABARA NI OSHIHANATSU KOTONO GOTOKU OCHIKATANO SHIGEKI GA MOTO WO YAKIGAMA NO TOGAMAMOCHITE UCHIHARAFU KOTONO GOTOKU NOKORU TSUMI HA ARAJI TO HARAE TAMAHI KIYOME TAMAFU KOTOWO TAKAYAMANO SUE HIKIYAMA NO SUEYORI SAKUNADARI NI OCHITAGITSU HAYAKAWANOSENI ZASU SEORITSUHIME TOIFU KAMI OOUNABARA NI MOCHIIDENAMU KAKUMOCHIIDENAMU KAKUMOCHIIDEINABA ARASHIO NO SHINO YAOJI NO YASHIOJI NO SHIO NO YAOAINI MASU HAYA AKITSUHIME TO IFU KAMI MOCHIKAKANOMITEMU KAKU KAKANOMITEBA IBUKIDO NI MASU IBUKIDONUSI TO IFU KAMI NENOKUNI SOKONOKUNI NIIBUKIHANACHITEMU KAKUKABUKI HANACHITEBA NENOKUNI SOKONOKUNI NIMASU HAYASASURAHIME TO IFU KAMI MOCHISURAHI USHINAHITEMU KAKU SASURAHI USHINAHITEBA
TSUMI TOIFU TSUMI HA ARAJI TO HARAHE TAMAHI KIYOME TAMAFU KOTOWO AMATSU KAMI KUNITSU KAMI YAOYOROZUNOKAMI TACHI TOMONI KIKOSHI MESE TO KASHIKOMI KASHIKOMI MOUSU
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Claude Lévi-Strauss et le Shinto
Dans cet interwiew, Claude Levi-Strauss nous parle de sa proximité avec le Shinto:
Claude Lévi-Strauss [1]
1908 -2009
Anthropologue français
Influencé par les réflexions du linguiste Roman Jakobson, Lévi-Strauss transpose les méthodes « structuralistes » d'analyse des phénomènes à l'anthropologie, comme outil de recherche pour une grammaire universelle de la mythologie. Fondateur de l'anthropologie structurale, il fonde aussi le laboratoire d'anthropologie sociale.
* * *
Derrière la variété des cultures, il existe une unité psychique de l'humanité.
Le missionnaire jésuite n'était pas supérieur au sauvage Bororo qu'il venait convertir au Christ et à la modernité. Pour comprendre quelque chose à l'homme, il ne faut pas se limiter à s'observer soi-même à la manière du philosophe qui pratique l'introspection. Il ne suffit pas non plus de se limiter à une période, à la manière de l'historien. Il est au contraire indispensable de brûler ses vaisseaux, de partir à la rencontre de ceux qui semblent le plus éloigné possible de nous-mêmes, afin de chercher ce qui, dans la nature humaine, est constant et fondamental.
Ce qui manquait à l'anthropologie jusque dans les années cinquante, estime Lévi-Strauss, c'était une théorie, un système, un instrument pour comprendre ce que l'on voyait. « Toutes les sciences, affirme-t-il, ne fonctionnent que sur la base de théories explicatives ». Ainsi, en sociologie, Marx, le premier, a montré que pour interpréter la réalité sociale, il fallait sortir de la perception immédiate et la voir à travers un système. Ce que Marx a fait pour la sociologie, Lévi-Strauss le fera pour l'anthropologie : Le structuralisme est une lunette pour déchiffrer les civilisations.
L'un des véritables fondateurs du structuralisme, rappelle Lévi-Strauss est Roman Jakobson. Ce linguiste russe a démontré comment, « dans la quantité illimitée des sons que la voix peut émettre, chaque langue en sélectionne un petit nombre formant un système et qui, par la façon dont ils s'opposent entre eux, servent à différencier les significations ». Pour Roman Jakobson, chaque langue est donc une variation à partir d'une structure. Or, de son côté, en comparant les relations de parenté chez les primitifs et leurs mythes, Lévi-Strauss avait observé qu'il retombait toujours sur les mêmes problèmes de base. Il en conclut que, derrière la variété des cultures, il existe une unité psychique de l'humanité. Les civilisations ne font que combiner des éléments de base communs à toute l'humanité. Les hommes ne font que combiner un nombre limité de conduites possibles. À la manière dont nous jouons avec un kaléidoscope les figures sont nombreuses, mais elles ne font que déplacer des structures de base, toujours les mêmes. Voilà pourquoi on constate parfois, dans des civilisations éloignées, des ressemblances troublantes : ce n'est pas nécessairement parce que ces civilisations ont communiqué entre elles. Par exemple, on retrouve dans l'Antiquité classique, en Extrême-Orient, en Amérique, le même mythe d'un couple de nains en guerre contre des oiseaux aquatiques. A-t-il été inventé plusieurs fois? C'est peu probable ; ou bien on se l'est emprunté, ou bien l'esprit humain a travaillé ici et là de la même façon.
Les mythes et les règles de la vie sociale sont le matériau de base dans lequel Lévi-Strauss détecte les « invariants structurels ». Exemple? La prohibition de l'inceste. Dans toutes les sociétés, cet interdit, en contraignant au mariage hors de la famille, assure le passage de l'homme « biologique » à l'homme en société. Voilà le type même de la structure invariante.
L'avantage de l'observation des primitifs, c'est que leur société étant plus simple et plus petite, une analyse globale se heurte à moins d'obstacles. Il n'y a pas de civilisation « primitive » ni de civilisation « évoluée » ; il n'y a que des réponses différentes à des problèmes fondamentaux et identiques. Non seulement les « sauvages » pensent, mais la « pensée sauvage » n'est pas inférieure à la nôtre, et elle est fort complexe ; simplement, elle ne fonctionne pas comme la nôtre. « La pensée occidentale, dit Lévi-Strauss, est déterminée par l'intelligible : nous évacuons nos sensations pour manipuler des concepts. À l'inverse, la pensée sauvage calcule, non pas avec des données abstraites, mais avec l'enseignement de l'expérience sensible : odeurs, textures, couleurs ». Dans les deux cas, l'homme s'emploie à déchiffrer l'Univers, et la pensée sauvage, à sa manière, y parvient aussi bien que la pensée moderne.
Ce qui distingue « l'homme civilisé » du « primitif », c'est l'attitude devant l'Histoire, dit Lévi-Strauss. Les primitifs n'aiment pas l'Histoire, ils désirent ne pas en avoir ; ils se veulent primitifs plus qu'ils ne le sont véritablement. En fait, bien des événements ont bousculé les sociétés sauvages — guerre et paix, règnes et révolutions —, mais elles préfèrent en effacer les traces. Ces sociétés préfèrent se voir immuables, telles qu'elles se croient créées par les dieux. Chez nous autres « modernes », à l'inverse, l'Histoire est un objet de vénération. C'est par l'idée que nous nous faisons de notre histoire que nous cherchons à comprendre le passé, le présent et à orienter l'avenir. L'Histoire est, selon Lévi-Strauss, le dernier mythe des sociétés « modernes ». Nous arrangeons l'Histoire à la manière dont les primitifs arrangent les mythes : une manipulation arbitraire pour inventer une vision globale de l'Univers.
La découverte du Nouveau Monde et le colonialisme furent un désastre humain, « le crime des crimes ». Mais, dit Lévi-Strauss, nous ne sommes pas pour autant coupables de ce qu'a fait Christophe Colomb ou de ce qu'ont fait nos grands-parents. Aussi, juge-t-il absurde et mal orientée la culpabilité des intellectuels européens qui pleurent sur le Tiers-Monde. « Les dirigeants actuels du Tiers-monde sont au moins aussi responsables de la destruction des cultures dites ‘arriérées' qui subsistaient chez eux, que ne l'est l'Occident actuel ».
Sa conférence devant l'Unesco en 1971 causa un énorme scandale. Trois observations en furent la cause : 1. « La génétique moderne, en discréditant la notion de race et en lui substituant celle des stocks génétiques, permettait d'en parler autrement qu'en termes métaphysiques et de comprendre sur quelles données objectives reposaient les distinctions. 2
. Entre les cultures il est normal que, mises en contact sur des territoires contigus ou qui se chevauchent, elles génèrent des réactions d'agressivité. Les « primitifs » le savent bien. 3. Les cultures sont créatives lorsqu'elles ne s'isolent pas trop, mais il faut qu'elles s'isolent quand même un peu ». Si les cultures ne communiquent pas, elles se sclérosent, mais il ne faut pas non plus qu'elles communiquent trop vite, afin de se donner le temps d'assimiler ce qu'elles empruntent au dehors. « Aujourd'hui (1989), dit Lévi-Strauss, le Japon me paraît l'un des seuls pays à atteindre cet optimum : il absorbe beaucoup de l'extérieur et refuse beaucoup ».
Mes origines juives ne m'ont jamais tourmenté, ni le judaïsme comme religion. Je me sens plus proche de l'animisme, en particulier du shintoïsme des Japonais ».
Extrait de Les vrais penseurs de notre temps de Guy Sorman, Fayard © 1989.
Izuna Gongen, Iizuna no Gongen 飯網の権現
Izuna Gongen, Iizuna no Gongen 飯網の権現
(いずなごんげん)
Il s'agit d'une incarnation (un aspect) de la deité Inari.
Les gens le prie pour une récolte abondante et la chance dans les affaires.
Il est représenté sous la forme d'un tengu. Le Karasu Tengu est un être surnaturel qui possède une tête et des ailes de corbeau avec un corps d'être humain.
Il s'agit de la divinité de la montagne Iizuna.
Chaque montagne sacrée a un tengu particulier qui est l'esprit de cette montagne.
Iizuna Gongen rassemble les caractéristiques de plusieurs divinités.
Il possède les attributs de Fudo Myoo, il est monté sur un renard blanc, ce qui le classe dans la categorie des divinités qui sont des aspects d'Inari, incluant Dakiniten.
Il est un tengu, soit un être de la montagne de la mythologie pré-bouddhiste, qui protège la nature et en particulier les arbres.
Parmi les arbres, on associe le tengu avec le cryptomeria (dans lequel il peut habiter), appelés Sugi (Japonais: 杉) ou cèdre du Japon.
Bien qu'on l'appelle cèdre, il est en fait de la famille des cyprès (syn.: Cupressus japonica ), qui aussi était un arbre sacré chez les druides.
Cet arbre se retrouve autour des sanctuaires Shinto et des temples au Japon.
Le tengu (天狗) est un ancien archétype de l'état spirituel au Japon, car on lui attribue les capacités de télépathie, changement de forme,capacité de voler et de pouvoir modifier la réalité.
Avant le bouddhisme, ceux qui cherchaient des pouvoirs spirituels se rendaient dans la montagne, et essayaient de devenir des tengus.
On retrouve cette conception dans les traditions Shinto de montagnes (sangaku shinko) , qui se sont plus ou moins mélangées avec des traditions de bouddhisme Mikkyo, ou le tengu a tendance à être remplacé par Fudo Myoo.
Certainement pour essayer de remplacer l'ancien archétype du tengu par une divinité de leur panthéon, les bouddhistes ont à une certaine époque, présenté le tengu comme un être maléfique.
Les hérétiques qui refusaient d'obeir aux moines de certains temples, étaient appellés des tengus.
Par exemple, le moine bouddhiste Ippen Shonin (一遍上人), qui était un moine amidiste libertaire, était appellé tengu par les chefs de temple bouddhistes officiels .
Lui même refusait d' avoir un temple , refusait également d'enseigner, considérant ses adeptes comme des amis, non comme des disciples.
Il refusait également l'inferiorisation des femmes dans le bouddhisme, présentées comme sous humaines dans les écritures bouddhistes.
Ippen était ami avec les kumano bikunis, nonnes contestataires membre d'un ordre fondé par la mère de l'ami d'Ippen, le maitre zen Kakushin Roshi.
(La misogynie et la discrimination religieuse contre les femmes étaient inhérentes au bouddhisme, comme elles étaient considérées comme la cause du danger érotique, la corruption des prêtres, et aussi comme étant des pollueuses physiquement des espaces sacrés ou considérées dégoûtantes, malgré la réthorique mahayana de la non-dualité. La femme devait renaître en homme pour pouvoir entrer dans le nirvana ou atteindre l'illumination, parce que son corps est son fardeau ,avec les cinq obstacles ou quintuples Entraves (Itsutsu n Sawari) [8]. Ref:Gender Identity and the Kumano Faith
Alison Tokita : http://intersections.anu.edu.au/issue16/tokita.htm )
Ippen Shonin Hijiri.(1234 - 1289)
A noter qu'Ippen , contrairement à ce que l'on présente en général, n'a jamais créé l'école Ji Shu (時宗), il refusait les systemes,et a brulé tous les enseignements qu'il avait écrit à une époque, avant de mourir.
L'école Ji shu a été créée après sa mort par un de ses "disciples", qui s'empressa de faire exactement le contraire de ce qu'Ippen avait enseigné. (de la même façon, le moine Shinran n' a jamais créé le Jodo Shinshu, mais la secte fut créée après sa mort par des disciples et sa femme).
On trouve des références écrites sur le culte d'Iizuna à partir de la seconde partie de la période Kamakura (1279), ou le nom du mont Izuna est cité dans le recit de la fondation légendaire du temple Togakushi(Togakushi-Dera).
On pense que le culte s'est déja developpé parmi les ascetes adeptes (shugen) du culte de montagne de Togakuchi, puis il est devenu indépendant, et dans la période Muromachi il était organisé des pélerinages dirigés par un sendatsu (un guide de pélerinage) renommé du nom de Sennichi Tayū. (d'après l'université shinto Kokugakuin).
Les adeptes bouddhistes considèrent que l'essence (honji) d' Izuna Gongen est le boddisattva Jizo, selon le systeme qu'ils utilisaient pour établir une équivalence des bouddhas avec les divinités du Shinto.
Certaines sectes de Shugendo identifient Izuna Gongen avec Fudo Myoo.
Le culte d'Izuna a connut une période ou il était combiné au culte de Dakiniten, associé avec une méthode de magie utilisant des esprits renards.
Cette croyance se propagea chez des membres de la cour et des guerriers, le shogun Hosokawa Masamoto (1466-1507) était connu pour avoir pratiqué les techniques de Izuna Atago , et le régent impérial Kujō Tanemichi ( 1509-1097) est également connu pour avoir étudié les pratiques Izuna (ref., Matsunaga Teitoku, Taionki).
De telles pratiques impliquant le contrôle des esprits de renards (kitsune tsukai) vint à être appelé Tsukai Izuna.
Le culte Izuna vint à être associé aux arts militaires , et Takeda Shingen et Uesugi Kenshin sont connus pour avoir montré une forte dévotion à Izuna Gongen comme divinité tutélaire .
L'école d'escrime japonaise appelée Shintō Munenryū dit aussi avoir eu comme origine le Mont Izuna.
En plus d'être vénéré au Mont Izuna dans la province de Nagano, Izuna Gongen se trouve aussi à Yakuōin sur le mont. Takao (à Hachioji, Tokyo), à Hinagadake dans la province de Gifu, et au MT. Izuna du Sendai.
Le Gongen Izuna de Sendai est connu sous le nom de Izuna Saburo, et est particulièrement bien connu comme l'un des «trois Tengu du Japon." Certains chercheurs ont suggéré que la croyance en ce tengu était l'origine du culte d'Izuna.
L'incantation à Iizuna Gongen (shin-gon : parole vraie, mantra) est :
On Chira Chiraya sowaka
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Croix rouge japonaise pour l'aide aux sinistrés du Tsunami et tremblement de Terre au Japon: http://www.jrc.or.jp/english/index.html
Biographie de Mokichi Okada
Mokichi Okada était à la fois un philosophe, un guérisseur, un artiste reconnu , et un homme spirituel. Sa philosophie constitue une compréhension exprimée dans un language moderne, de la vieille culture du Japon. Mokichi Okada est né dans une famille pauvre à Tokyo le 23 décembre 1882. Dans la première moitié de sa vie, il a eu beaucoup d’épreuves. De sensibilité artistique, il aurait voulu entrer dans une école d’art, mais une grave maladie des yeux l’en a empêché. Il en a d’ailleurs toujours eu des séquelles, comme on peut voir sur la plupart des photos. A l’âge de 24 ans, alors qu’il avait monté un commerce qui marchait bien , il a épousé une jeune femme nommée Taka Aihara . A cette époque, il avait commencé un travail de laqueur, mais il s’est coupé un tendon, et n’a pas pu continuer. Il a alors commencé à concevoir des bijoux , et son travail a prospéré . A 30 ans , il a attrapé la fièvre typhoide, mais il a récupéré en 3 mois. A ce moment là, il était tout à fait matérialiste . Mais a partir de 1929, une série de catastrophes a commençé à se déverser sur lui. Suite àla faillite d’une banque ou il avait investi, il s’est retrouvé ruiné et couvert de dettes. Quelques mois plus tard, sa femme et son bébé sont morts, suite à la fièvre typhoide.
Ils avaient déjà perdu deux enfants en bas âge. Mokichi s’est remarié, et il a attrapé une pleurésie et la tuberculose, qui a été déclarée incurable. A ce moment là, sa confiance en sa capacité a diriger sa vie et son matérialisme ont été ruinés. En 1920, il est entré dans la religion Omoto-kyo, pour chercher des connaissances sur le monde spirituel. Il a réussi à se guérir, suivant un régime végétarien. Sa femme et lui ont eu deux enfants, un garçon et une fille, Michimaro et Michiko. Les difficultés ont encore frappé avec le tremblement de terre de Kanto de 1923 , et les choses étaient difficiles pour chacun à ce moment là . Mokichi Okada était plus impliqué dans Omoto, il dit de ce moment : j’ai réalisé que les êtres humains apprécient la protection des êtres spirituels et divins, et si on ne connaît pas l’existence des esprits, on est vide comme être humain. »
En 1924, un homme claivoyant qui était venu parler avec lui d’Omoto, lui a dit qu’il était en contact avec Kannon. Kannon étant un des principaux boddhisattva du bouddhisme japonais.
En 1925, un nouvel enfant est arrivé chez Okada, une fille nommée Miyako. En 1926, Mokichi s’est senti pris dans un état particulier, ou il s’est mis a écrire des choses automatiques. Cela a duré pendant 3 mois, des choses qui concernaient le passé, l’avenir ainsi que le destin personnel d’Okada.
A cette époque , comme il y avait beaucoup de phénomènes comme cela au japon, le gouvernement faisant beaucoup de répression sur tout groupe ou personne qui pourrais avoir des idées suspectes(d'après les concepts du gouvernement nationaliste japonais) ce qui étais le cas d'Okada , qui considérait les nationalistes et les gens qui veulent faire la guerre comme des malades mentaux.
Okada a caché ses écritures dans sa véranda . Puis il les a brulées. A ce moment là, il a dit plus tard qu’une puissance énorme s’était emparée de lui et le bougeait à sa guise. Plus il doutaitdu phénomène, plus cette force produisait des phénomènes miraculeux.
A ce moment là, il a trouvé qu’il avait une sphère de lumière dans l’abdomen, qui étais un pouvoir qui lui commandais d’aider les autres. Il a commencé a pratiquer la guérison, en utilisant le chinkon kishin, qui étais la méditation enseignée par Omoto . « avec les mains jointes et les yeux fermés,on a exercé sa propre nature divine afin de réaliser l’union avec le divin. En répétant cette pratique, on a supposé que l’on pouvait recevoir la force des entités divines, qui permettaient de pratiquer le kishin, c'est-à-dire, guérir les maladies et avoir la capacité de réaliser des miracles. »
Mokichi Okada à partir de cette époque a commencé de plus en plus à enseigner ses conceptions et pratiques de santé , et en 1928, il a arrêté ses affaires pour se consacrer à des activités spirituelles.
8 mois après , il a eu une troisième fille nommée Itsuki. Il a commencé a s’éloigner d’Omoto, mais il ne l’a quittée qu’en 1934. Pendant la guerre, il ne pouvait pas s'exprimer, et il a attendu.
Après la guerre , il a créé une association (qui après sa mort s'est scindée en différentes sectes qui ne s'entendent pas entre elles, chaque groupe revendiquant la vraie philosophie d'Okada!) pour propager son enseignement sur la santé naturelle, l'agriculture biologique qu'il a conçue ( qui s'est bien répandue au Japon et au USA), sa conception de l'art (qui doit aider l'humain a s'élever , il a construit plusieurs musées au Japon , qui sont bien connus).
Selon lui, dans le passé, les sociétés étaient spirituelles parce que les connaissances scientifiques n'existaient pas. Le but du divin ou de la nature est de créer une civilisation mondiale ou le matériel et le spirituel sont en harmonie. La nature agit par des crises qui sont des phénomènes de réajustements, que le shinto appelle purification.
Si on ne comprend pas ce principe, la situation peut empirer.
Okada a pratiqué une forme de magnétisme, qu'il appelle johrei(浄霊), qui consiste à utiliser l'énergie spirituelle pour dissoudre des blocages dans le système énergétique du corps.
(attention aux requins du marketing qui vendent des stages de "Johrei", on en trouve surtout dans les pays anglo-saxons.
Le Johrei selon Mokichi Okada, n'est pas "vendu" et se pratique dans une lignée, après avoir reçu une calligraphie de "Hikari", la lumière, qui permet d'entrer dans l'égrégore spirituel de Mokichi Okada. Cette pratique , comme nous l'avons indiqué, dérive des talismans que donnait l'Omoto Kyo, qui vient elle même de la tradition des Ofudas 御札 donnés par les sanctuaires Shinto ).
Mais son système pour rétablir la santé ne consiste pas dans le fait de compter sur le johrei, mais de comprendre comment fonctionne la nature, et de pratiquer l'agriculture naturelle qui puisse nourrir les êtres humains de façon saine , ainsi que d'éliminer la pollution sur la planète et les guerres, qu'il considère comme une maladie de l'esprit humain.
Après le décès de Mokichi Okada, sa femme a semble t'il essayé de ramener le mouvement vers la tradition japonaise et l'Omoto kyo, mais des disciples pro- américains l'ont entrainé dans une direction de plus en plus dégénérée. film d'archive sur la femme de Mokichi,appellée Nadai Sama :
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Etude sur le shinto agricole par rapport au shinto de cour
Etude sur le Shinto agricole par rapport au Shinto de cour.
Si on étudie le shintoïsme, on se rend compte qu’il y a différents courants en son sein, qui semblent ne pas appartenir aux mêmes époques, ni au même milieu social.
Parallèlement à l’histoire officielle véhiculée par le Jinja honcho, qui est en fait la continuation du shinto d’état, pratiqué et imposé par la noblesse a la nation, survit dans le peuple un autre culte dont l’origine semble remonter jusqu'à la préhistoire.
( Le jinja Honcho est lié au sanctuaire d’Ise, (Isé jingu), et contrôle la plupart des sanctuaires shinto du Japon, il est fortement imprégné de confucianisme et politisé. Certains sanctuaires ne sont pas placés sous son autorité, et portent le nom de tanritsu jinja.)
Il s’agit du culte d’Inari, des yama no kami et Ta no kami, qui sont en fait la même divinité ancienne, vénérée sous différents aspects et différents nom, selon les régions. Culte lié au cycle éternel de la nature, a la force de croissance des plantes, a la reproduction animale et humaine (d’où la présence de menhirs ou pierres levées parfois grossièrement sculptée en apparence phallique sur une face, et sur l’autre face l’inscription : dieu des champs).
La divinité Inari est considérée comme la déesse Ukanomitama no Mikoto, la déesse du riz, mais aussi des céréales, elle représente en fait la force et l’esprit de vie qui se manifeste dans la croissance de toute chose, et qui protège.
C’est pourquoi on la prie pour quasiment n’importe quoi, y compris la prospérité, longévité, bonheur conjugal, guérison des maladies, protection contre les esprits maléfiques…
On peut mettre son culte en parallèle avec celui de Yama no kami, qui est l’esprit qui descend au printemps de la montagne (ou du ciel selon certaines versions) pour faire pousser le riz, a ce moment là il est appeler Ta no Kami. Puis il repart à l’automne, et retourne dans sa résidence en montagne(ou du ciel).
Inari comme yama no kami donnent lieu aux festivités liées à l’agriculture, le festival Hatsuma.
La foi d’Inari est aussi associée à la présence de renard blanc. Ceci est expliqué par le fait que l’on disait que le yama no kami, quand il descendait de la montagne pour devenir le Tana no kami, montait un cheval et était suivi par un renard .
De là, on a dit que le renard blanc est le messager d’Inari. La couleur blanche du renard le distingue d’autres sortes de renards, indiquant qu’en tant que messager de la divinité, il possède un statut spirituel plus élevé que le kitsune, renard ordinaire considéré comme pouvant être maléfique, comme le racontent les légendes chinoises qui ont été introduites au Japon.
Il existe toutes sortes d’histoires fantastiques concernant le renard magique au Japon, ainsi que des pratiques dans le bouddhisme utilisant la sorcellerie liée aux renards et en rapport avec son identification avec la déité Dakiniten. Les chamans également pratiquaient, et pratiquent toujours la divination et la médiumnité avec les renards blancs du temple Fushimi inari Taisha. Ces pratiques sont néanmoins différentes du culte d’Inari et constituent une sorte de folklore populaire.
Le culte d’Inari s’est répandu dans tout le Japon, devenant extrêmement populaire. Ceci semble du a son statut de kami des rizières, le riz étant la nourriture de base des japonais, le kami qui est en rapport représente par là le protecteur des racines de la vie. Son succès est également du à l’activité de leaders religieux populaires effectuant des prières de protection.
Le culte s’est répandu par l’établissement de sanctuaires par des fermiers aussi bien que des habitants de villes, ainsi que l’établissement de sanctuaires dans les résidences des daimyos, qui furent par là ouvertes à tous. Le culte a absorbé le culte des dieux du tonnerre (raijin shinko) transformé en culte du kami du riz, ainsi que celui des dieux du foyer (yashikigamis) qui existaient dans certaines régions.
Au début de la période d’Edo, la foi de kumano a été absorbée par la foi d’Inari dans les zones du plateau de Musashino. Inari a continué à pénétrer de nouvelles régions. Dans les régions de commerce, Inari était considéré comme le kami qui assure la prospérité commerciale. Dans les villages de Pêcheur, il devenait le kami de la pêche. Ces exemples montrent qu’Inari s’adaptait aux caractéristiques de chaque région. Les noms des sanctuaires contiennent des préfixes du nom des endroits et du nom des gens, ou ils se réfèrent à la fonction du Kami.
La multiplicité des manifestations d’Inari reflètent la multiplicité des prières qui sont faites par les croyants de son culte. Une caractéristique du culte d’Inari est aussi qu’il est adopté par des individus et des foyers individuels, comme culte domestique et privé, plutôt que par de vastes groupes ou régions.
Il représente donc une forme de religion populaire qui échappe au contrôle des systèmes religieux nationaux, tout en ayant ses centres de culte prestigieux et célèbres comme le sanctuaire Fushimi Taisha.
On reconnaît les sanctuaires d’Inari au fait qu’ils ont des toriis rouges, gardés par deux renards blancs.
Il y aurait environ 30000 sanctuaires d’Inari, soit environ 40% des sanctuaires shinto de tout le Japon, sans compter les sanctuaires privés des particuliers.
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TRADITIONS DE LA NATURE,"RELIGIONS DE LA TERRE"
Les traditions de la nature, "religions de la terre".
Pour nous, ces traditions sont fondamentalement la même, avec quelques variantes .
On peut trouver la même vision du monde dans les traditions du Shinto, du druidisme(ancienne tradition celte), de l'asatru(tradition pré-chrétienne d'Europe du Nord), la tradition Lakota (indiens d'amérique du nord, appellés "sioux" par les occidentaux),la tradition eskimo,aborigène d'Australie, les traditions africaines vaudoon (bénin/Togo)... et certainement d'autres, avec lesquelles nous n'avons pas eu l'occasion d'entrer en contact.
Archie Fire Lame Deer, un amérindien qui suivait la voie des Wicasa Wakan (voyant-guérisseurs Lakota) - il n'aimait pas que les occidentaux le traite de "shaman" - , Fils de John Fire Lame Deer, connu par le livre "de mémoire indienne" paru dans la collection "terre humaine", disait qu'avec d'autres représentants de la tradition Lakota, ils avaient fait des recherches pour trouver dans le monde quelle religion ressemblait le plus à la leur.
Il a dit qu'ils avaient trouvé que c'était le Shinto japonais.
Un point commun du shinto avec l'asatru et le druidisme, est qu'ils ont tous subi une tentative de récupération de la part de l'extrême droite, et par les nazis pour l'asatru (dans sa version plus germanique).
Ceci est basé sur une interprétation aberrante de ces traditions, qui étant reliées à la nature, ont justement la caractéristique de dépasser les limites ethniques,raciales et nationales.(Dans l'état naturel, il n'existe pas de frontières).
Elles mettent justement l'accent sur le fait que tous les êtres vivants (ce qui inclus les ancêtres - esprits, les animaux, plantes et le règne minéral) font partie d'une unité , du grand tout, de la nature, et forment donc une "famille cosmique", interdépendante.
Tout le monde émane et participe à la vie de l'esprit universel.
Malgré les tentatives de récupération de l'extrême droite des religions dites néo paganistes,on peut constater que la majorité des groupes qui essayent (et réussissent) à revaloriser les anciennes traditions , se situent clairement contre le racisme et l'intolérance, d'ou le slogan bénéfique "païens contre la haine".
Que l'on retrouve aussi pour les groupes de musique liés à l'Asatru:
Ainsi

















