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Bunrei ou Wakemitama 分霊 est le terme technique Shinto qui désigne la division de l’âme d’un Kami pour le transférer dans un autre sanctuaire. Le terme désigne la division du kami ou l’âme divisée du kami d’origine présente dans le nouveau sanctuaire.

Le rituel shinto pour effectuer cette division est nommée Kanjo, un terme d’origine bouddhiste.

A préciser que contrairement à une définition étrange vue sur le net, l’âme du Kami ne souffre pas dans le processus, la conception étant que de même que l’on peut allumer une bougie à la flamme d’une autre, l’âme d’un Kami peut se multiplier à l’infini sans modifier sa nature originelle. Le Kami ne subit pas une violence dans le processus, il le fait volontairement à la demande des prêtres.

Le plus fréquent est celui d’Inari, dont on trouve des petits sanctuaires un peu partout.

Le premier Bunrei d’Inari a été enregistré en 842, pour transférer le Kami dans le sceptre de Ono no Tamura. Le Kami a été transporté de cette façon dans la région d’Aomori, puis quelques années plus tard fixé dans le Takekoma Inari-jinja (竹駒稲荷). 

En 1194, l’empereur GO Toba décida que désormais seul le sanctuaire de Fushimi serait autorisé à donner des Bunrei d’Inari, qui à cause de la multiplication des abus se mis à emettre des certificats d’authencité pour chaque bunrei. 

A présent différents sanctuaires fournissent des bunrei d’Inari dans le pays, y compris des temples bouddhistes comme Toyokawa Inari (temple Zen), préfecture d'Aichi .

De même que Saijo Inari, qui est un temple de l'école bouddhiste Nichiren, Okayama. 

Avant l'époque Meiji, de nombreux temples bouddhistes avaient un sanctuaire d'Inari dans leur temple, mais comme le gouvernement Meiji avait interdit que les temples bouddhistes aient un Kami, ils ont souvent simplement changé le nom du Kami en un nom bouddhiste sans modifier vraiment leurs habitudes.

Inari désigne le Kami Uga no Mitama exclusivement, même si il existe plusieurs kamis dans son sanctuaire pour l'assister ou l'accompagner. Bien que l'on ne représente pas les Kamis dans le shinto, certaines oeuvres d'art représentent la déesse.  

okinainari

Il existe également des représentations masculines d'Inari, qui proviennent essentiellement du fait que le moine bouddhiste Kukai avait décrit une vision où il voyait Inari comme un compagnon qu'il avait connu à l'époque du Bouddha Sakyamuni en Inde, qu'il a décrit comme un vieil homme. L'autre représentation bouddhiste d'Inari est sous la forme de la divinité féminine Dakiniten, chevauchant un renard blanc, les deux sont dans cette estampe du célèbre Hokusai :

 

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